Homélie du père Gladimir Museau pour le 3ème dimanche de Carême (B) Dimanche 7 mars 2021.

Textes Bibliques : 1e Lecture Ex 20, 1-17 ; Ps 18b(19), 8, 9, 10,11 ; 2e Lecture 1Co 1,22-25 ; Ev. Jn 2,13-25.

Nous voici au 3e dimanche du Carême,nous sommes à mi-chemin de notre montée vers Pâques, fondement de notre foi chrétienne. La liturgie d’aujourd’hui nous invite à voir en Dieu un libérateur, et par conséquent nous sommes un peuple libéré par Lui et pour Lui et sa Loi n’est que source de la vraie joie.

Comme humains, nous avons tendance à faire des lois divines une sorte de morale rudimentaire dans laquelle nous faisons fi de la liberté. Pourtant, elles émanent d’un Dieu libérateur, d’un Dieu qui nous a créés pour la liberté et qui nous veut libres.

Les commandements de Dieu nous libèrent

La première lecture extraite du livre de l’Exode nous parle des 10 commandements que Dieu a donnés à son peuple par l’intermédiaire de Moïse. En effet, le peuple Israël, esclave en Égypte vient de passer la Mer Rouge et cette sortie d’Égypte a mis fin à un esclavage politique. Mais cela n’empêche pas que le peuple se jette follement dans d’autres formes d’esclavages : rancunes, idoles, haine, jalousie, hypocrisie, violences etc. Comme libérateur, Dieu lui donne ces 10 commandements qui lui permettront de se libérer de ces esclavages.

En effet, les trois premières paroles sont orientées vers les relations avec Dieu et les sept autres vers celles avec nos frères et sœurs, nos prochains. Elles sont toutes des paroles de liberté. Ainsi, les interdits concernant notre relation avec Dieu nous libèrent de toutes les fausses idées que nous pouvons avoir de Dieu ; l’interdit du meurtre nous libère de l’esclavage de la haine et du dérèglement social ; celui de l’adultère nous libère de l’esclavage des instincts sexuels ; celui du faux témoignage nous libère du mensonge qui est en quelque sorte une prison. Bref, les commandements de Dieu nous libèrent de tous ce qui peut nous empêcher de vivre une saine relation avec Dieu et avec nos prochains. Chaque commandement, à sa manière, fait œuvre de libération pour nous-mêmes et pour les autres. En particulier, il libère notre regard : ne pas convoiter ce qui ne nous appartient pas, est bien l’un des chemins de la liberté intérieure.

La loi de Dieu, c’est le cadeau de la liberté. Il revient à chacun de vérifier qu’il n’y a rien de mieux que la loi de Dieu. Je suis sûr que le psalmiste en a fait l’expérience lorsqu’il nous dit que  « la loi du Seigneur est parfaite qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre qui rend sages les simples » (Ps 18b (19), 8). Oui frères et sœurs, la Loi du Seigneur est bien plus que des commandements. Avec Jésus, nous découvrirons qu’elle est la parole de la Vie Éternelle, parole qui nous libère du « moi d’abord » engendrant l’indifférence, l’injustice, la violence, la rivalité, pour faire place à l’amour, considéré comme étant la sagesse d’une société.

Comme chrétiens, comme Église, temple de Dieu, il nous appartient d’éliminer de notre vie tout ce qui est égoïsme, rancune, critique négative et toute sorte de méchanceté. Ce temps de Carême est un moment favorable pour le faire.

L’Église : Corps du Christ, le temple nouveau

À travers le geste et les paroles de Jésus qui dénonce le détournement commercial et honteux de la religion, l’évangile nous montre que Celui-ci comme tout bon juif professe pour le temple le plus profond respect. Il est pour Lui, la maison de Dieu, maison de prière, maison de son Père et il s’indigne qu’on en fasse un lieu de trafic. Aussi, dans un geste prophétique en chasse-t-il les marchands pour le purifier. Dans l’Ancien Testament, le temple était le signe de la présence de Dieu parmi les hommes mais ce n’était qu’un signe provisoire auquel va subsister dans le Nouveau Testament, un signe d’une autre sorte : Le Corps du Christ et son Église. Ainsi, nous comprenons bien la réponse de Jésus face l’interpellation des juifs : « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours, je le relèverai ». C’est une parole mystérieuse dont l’avenir seul expliquera le sens. Voilà pourquoi, il fallait attendre après sa résurrection, pour que les disciples comprennent que Jésus parlait bien de Lui-même.

Oui sœurs et frères, avec Jésus le lieu de la présence de Dieu, le lieu de l’Alliance n’est plus désormais le temple construit à main d’homme, mais c’est le corps ressuscité. Donné par amour, vainqueur de la mort, le Christ Ressuscité devient désormais le temple vivant de Dieu avec un nouvel état transfiguré lui permettant de se rendre présent à tous les lieux, tous les siècles et surtout dans l’eucharistie.

À chaque messe, nous voyons et contemplons le Christ vivant au milieu de nous. « Voici le Corps du Christ » : disons-nous. Et ce corps, c’est aussi l’Église. C’est ce que Saint Paul nous enseigne quand il nous dit que l’Église est le temple de Dieu édifié par le Christ, fondement et pierre angulaire (1 Co 3,10-17). Considérés individuellement, nous les membres de cette Église sommes pareillement temple de Dieu, temple de l’Esprit Saint et membres du Corps du Christ. Donc, le temple de Dieu c’est nous, c’est chacun de nous au plus profond de lui-même enfermé parfois par toutes sortes d’égoïsmes et de mesquineries. La Parole de Dieu en ce 3e dimanche de Carême, nous invite à prendre conscience de nous reconnaître comme Église, corps, et nouveau temple où Dieu habite, et par conséquent nous avons l’obligation de nous purifier, de purifier notre cœur afin qu’il soit digne de sa présence.

Comme temple de Dieu, notre corps doit cesser d’être un lieu de désordre, de débauche sous toutes ses formes, pour devenir un sacrifice pur et saint capable de plaire à Dieu (Rm 12,1)

Ainsi, nous pourrions accueillir dignement la Parole libératrice de Dieu et le Christ ressuscité !

Père Gladimir MUSEAU

 

Pour prolonger la méditation : Prière pour aimer l’Église, Corps du Christ

Nous te prions, Seigneur, pour ton Église,
et pour chacun de nous qui composons cette Église.

Aide-nous à l’aimer telle qu’elle est,
dans ses grandeurs et dans ses faiblesses.
Aide-nous à reconnaître son unité dans les mille visages de ton peuple.
Aide-nous à surmonter les divisions,
à éviter les jugements hâtifs et à bannir les caricatures.
Aide-nous à découvrir, au-delà des apparences,
l’immense réseau des saintetés cachées, qui sont les pierres vivantes de l’Église.

Puisse ton Église retrouver la fraîcheur et la force dont elle a besoin
pour annoncer l’Évangile aujourd’hui.
Qu’en renforçant les liens de l’unité entre les évêques, les prêtres, les diacres et les laïcs, elle renforce aussi l’Espérance.

Qu’elle apparaisse aux yeux de tous
comme une porte ouverte et une source de vie.
Qu’elle soit toujours davantage l’Église des pauvres et des saints.
Nous te le demandons par Marie, mère de l’Église
Amen.

Jean Savenay

 

 

 

 

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