Homélie du père Gladimir Museau pour le 5e dimanche de Pâques (B) – 2 mai 2021.

1ère Lecture : Ac 9,26-31 ; Ps 21(26b-27,28-29,31-32) ; 2ème Lecture : 1Jn 3,18-24 ; Ev : Jn 15,1-8.

Ce texte évangélique que nous lisons en ce 5e dimanche de Pâque est un testament spirituel de Jésus dans lequel Il nous invite à nous attacher à Lui, sans détour, comme le Cep à la vigne.

En effet, en reprenant l’image de la vigne, Jésus nous dit encore une fois qu’il est Celui qui vient réaliser la nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes et nous révèle ce que nous devons être et faire comme disciple, face à notre responsabilité envers Dieu et envers le monde.

« Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron……. Demeurez en moi, comme moi en vous…… Moi, je suis la vigne, et vous les sarments…….Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits…….Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez et cela se réalisera pour vous ….»

Ces paroles ont un relief particulier et annoncent les fruits de la Pâque : la foi et le dynamisme des apôtres et des communautés chrétiennes naissantes.

Chacun de nous peut trouver sa place dans cette allégorie de la vigne : le Christ est l’arbre qui transmet la vie aux branches ; le Père est le vigneron qui soigne l’arbre, ne gardant que les branches vivantes ; les disciples sont les sarments qui portent les fruits en temps voulu. À condition bien sûr qu’ils restent attachés, unis à la vigne.

Demeurer au Christ….

Jésus nous invite à demeurer en Lui, comme il demeure en nous. Comment demeurons-nous en lui ? Comment vivons-nous cette communion avec Jésus dans un monde si bouleversé ?

Les chrétiens sont des hommes et des femmes qui demeurent dans le Christ pour porter du fruit. Portons-nous vraiment du fruit ? Nous savons que Jésus porte du fruit parce qu’il est fidèle à son Père et à sa mission. Sommes-nous fidèles au Christ ?

Le peuple d’Israël était infidèle à l’Alliance, parce qu’il méconnaissait Dieu, il se laissait entraîner sur des fausses pistes, ce que l’Ancien Testament appelle l’idolâtrie ; Jésus, au contraire, connaît le Père, et donc vit en perpétuelle Alliance. Ainsi, sœurs et frères bien-aimés, Jésus nous invite à demeurer en lui c’est justement parce qu’Il veut s’assurer la fidélité de ceux qui, sans lui ne peuvent rien faire, puisque l’œuvre est celle de Dieu lui-même et de son Envoyé.

Voilà le testament de Jésus : l’obéissance dans l’amour. Tout ce que le Seigneur nous demande c’est d’obéir, c’est-à-dire de demeurer en lui afin de porter du fruit.

Comment demeurer au Christ pour porter du fruit aujourd’hui ?

Demeurer au Christ, c’est être capable de se laisser saisi par Lui comme Paul. C’est être saisis par la foi et l’amour fraternel, cet amour vécu en actes et en vérité comme l’a souligné la 2e lecture.

C’est être capable de témoigner de Jésus avec assurance. C’est être capable de vivre ensemble et de s’aimer mutuellement afin que les gens puissent en être étonnés.

C’est rester là, habiter le Christ, c’est en faire notre demeure, c’est demeurer dans L’Église, pas s’affranchir de tout lien communautaire et ecclésial. C’est vivre de la foi au Christ.

Inversement, quand nous sommes aveuglés par la haine, la violence, l’égoïsme, l’orgueil, quand nous méprisons l’autre, l’exclure, le juger, le rejeter, le haïr, le maltraiter, nous devenons des sarments morts, coupés de la vigne. Ce n’est pas demeurer au Christ.

Notre vie porte du fruit dans la mesure où elle se relie au Fils, dans la mesure où elle entre dans le projet du Père, qui a été et est porté par le Fils. Et le projet de Dieu c’est que nous vivons dans l’amour, la solidarité, l’entraide mutuelle…..

Comme chrétiens, nous sommes appelés à faire la gloire du Père en donnant le meilleur, en donnant beaucoup de fruits. Pour cela il est nécessaire d’être attaché au Seigneur, de demeurer en lui en l’aimant et en aimant notre prochain.

Pour terminer, voici trois chemins proposé par l’Église pour rester attaché, pour demeurer au Christ : Le chemin de la Parole ; Le chemin de la prière et des sacrements ; Le chemin de la vie quotidienne car, le vrai chrétien ne décolle et ne doit pas se décoller de l’humain.

Vivons donc avec le Christ, Notre Sauver et le Berger de l’humanité. En un mot, préparons-nous à la grande rencontre avec lui au-delà de la mort.

Père  Gladimir Museau

Prière pour prolonger la méditation

Comme un sarment greffé sur Toi

Quand la nuit descend, que grandit en moi un certain désarroi intérieur
où plus rien ne semble me relier au monde des vivants,
Seigneur, sois mon pourvoyeur de sève !
Fais de mon pauvre corps souffrant un sarment,
un sarment de cette Vigne dont du tu es le Cep vivant.

Greffe-moi sur toi, Seigneur, solidement ; greffe-moi sur ton grand Corps spirituel qui dépasse les frontières du monde visible et de l’Eglise,
respire au rythme de l’invisible.
Tu sais combien mon esprit lui-même reste charnel si tu ne l’irrigues pas de ta vie divine !
Combien mon cœur reste froid si ton amour ne le réchauffe pas !
Combien mon âme reste lourde si tu ne l’élèves pas !

Que ton Esprit, Seigneur, amour créateur, vie féconde,
circule en moi et habite ma souffrance et ma prière.
Alors, je serai en communion avec toute la terre,
comme le sang irrigue la moindre cellule du corps,
comme la sève irrigue la plus petite feuille de l’arbre.

Je crois, Seigneur, qu’en toi, le Vivant,
les hommes, désormais, ne sont plus seulement
des individus juxtaposés, isolés, mais un seul vrai Corps
qui rassemble tous les vivants et tous les morts.

Branche-moi, Seigneur, branche-moi sur ta Vie !
Plus je serai intimement greffé sur toi,et plus je serai proche de tout homme,
et plus j’entrerai dans cette immense, mystérieux circuit de l’amour créateur.

Ma prière greffée sur la tienne, O Christ priant,
apportera, je le crois, ce surcroît d’amour, ce surcroît de respiration intérieure qui régénère toutes les cellules du Corps et rapproche les cœurs.
Greffe-moi sur ta Vie, Seigneur,et ma souffrance enfin trouvera cette secrète fécondité qui prépare la terre des hommes à ton éternité.

Michel HUBAUT – Franciscain.

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