Les Saints de Glace

Merci à Maryvonne Prigent de Duault qui nous a fait connaître  cet article sur les

Saints de Glace.

Au mois de mai nous entendons beaucoup parler des 3 « Saints de Glace « .

Mais qui sont-ils, où sont-ils, pourquoi cette attente de leur passage de la part de tout botaniste et autres jardiniers amateurs ?
Basé sur une vieille croyance reposant sur des observations dans les champs et les vignes. Cette minivague de froid peut être expliquée par le fait qu’aux environs du 12, 13 mai, la Terre traverse un disque de poussières diffuses dans le système solaire, provenant de résidus de la formation de planètes. Durant quelques heures, cette poussière représente un obstacle aux rayons du soleil. Tous les ans la question revient comme un leitmotiv et fait référence aux Saints de Glace et aux variations climatiques de cette période.
Il faut d’abord savoir que, comme les Mousquetaire, les 3 étaient en fait 4 !!!

Saint Mamert  fut évêque de Vienne, en Dauphiné (+ 474), fêté (ou attendu) le 11 mai. Le dicton du jour sera alors « Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace. » il avait institué les « Rogations « . Il avait ordonné que, durant les trois jours précédant l’Ascension, les hommes fassent des prières contre les calamités.
Saint Pancrace fut martyr à Rome en 304 après Jésus-Christ. Fêté le 12 mai, ma grand-mère disait alors « Saint Pancrace, Gervais et Boniface apportent souvent la glace »
Saint-Servais, attendu le 13 mai, fut évêque de Tongres vers 384 après Jésus-Christ. Et ce jour-là vous pourrez vous exclamer : « Avant Saint-Servais : point d’été, après Saint-Servais : plus de gelée. » Ou encore « Quand il pleut à la Saint Servais, pour le blé, signe mauvais. »
Saint Gervais est souvent cité à la place de saint Servais et alors les anciens reprennent en cœur « Saint Gervais quand il est beau, tire saint Médard de l’eau. » (Bien sûr vous savez tout de l’histoire de Médard, et de ses 40 jours de pluie…enfin nous verrons cela en juin.)
En dernier, le 25 mai arrive Saint Urbain, fêté désormais le 19 décembre. On parle d’ailleurs souvent de saint Urbain (Pape au IIIème siècle, de 222 à 230) et sainte Sophie. (en Alsace et Moselle « Elsass-Lothringen »  » appelée d’Kälte Sophie « . On a coutume de dire « Quand la saint Urbain est passée, le vigneron est rassuré. » Ou encore « Mamert, Pancrace, Servais sont les trois saints de glace, mais saint Urbain les tient tous dans sa main. »

Les 11, 12 et 13 mai sont des dates de mauvaise réputation pour toutes les « mains vertes » qui ne jardinent jamais avant le passage de ces journées annonciatrices d’un retour tardif des gelées, capables de réduire à zéro le travail des téméraires qui auraient osé planter avant cette échéance.
Ne cherchez pas sur les calendriers la trilogie de ces saints que sont Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint-Servais qui ont été remplacés par Sainte Estelle, Saint Achille et Sainte Rolande.
Cette substitution fut décidée après le dernier concile afin de « nettoyer » le calendrier de tous les personnages donnant lieu à des pratiques rituelles peu conforme avec la liturgie et considérées comme entachées de fond païen. Ainsi nos « braves saints de glace » furent rayés au même titre que les guérisseurs, retrouveurs d’objets perdus ou annonceurs du temps. Bien sûr ils étaient tous les ans implorés par les agriculteurs et les viticulteurs, qui à cette occasion retrouvaient et récitaient au cours de processions de pieuses prières qui n’étaient pas forcément dénuées d’arrière-pensées intéressées. Pourtant, si nous en recherchons les origines lointaines, très lointaines même, des gens d’alors avaient constaté qu’une brutale chute de la température nocturne ou plutôt matinale arrivait tous les ans aux alentours de ces trois journées. Cet élément climatologique, particulièrement désastreux pour les plantations qui pourraient se trouver alors en début de germination, les incitait à laisser passer l’événement avant d’entreprendre les grands travaux de printemps, et pour les jardiniers et maraîchers, avant de planter, repiquer, semer, mettre en terre en toute quiétude. Alors pour vos géraniums et tomates, patientez encore un peu.

Eric Schwartz-Baton est avec Herve Niles.

Le 11, le 12 et, le 13 mai : ce sont les Saints de Glace ! (version intégrale).

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