Solidarité avec l’Ukraine : Olga et Sascha accueillies à Squiffiec

Une tradition de relations et d’accueil

Depuis le 8 mars, Olga et sa fille Sascha sont hébergées dans une famille Squiffiécoise.  «  Depuis de longues années, nous connaissons Natacha d’origine Ukrainienne et mariée à un ami Breton. Ils résident à Belle Ile en Mer ; nous entretenons avec eux des relations régulières. Bien entendu, dès le début du conflit, nous nous sommes inquiétés auprès de Natacha du sort réservé à la population ukrainienne ; nous nous sommes spontanément proposés pour accueillir des personnes fuyant les terribles exactions russes » nous relate Martine.

Au terme d’un long périple au travers la Pologne puis l’Allemagne, Olga et Sascha ont été accueillies en France, où l’hospitalité leur a été offerte. « Par l’intermédiaire de notre amie Natacha, nous les avons  prises en charge à Squiffiec où, grâce à un impressionnant mouvement de solidarité collective, elles ont trouvé refuge » poursuit Martine

Serguei, le mari d’Olga, est resté à Kiev où, professionnellement, il dirige une usine de fabrication de machines-outils pour les confiseurs et pâtisseries. A ce jour, il participe à la défense de son pays et apporte son aide aux convois humanitaires qui s’efforcent de soulager les populations locales soumises aux bombardements incessants de la Russie et, surtout, exposées aux mines déposées partout par l’occupant. Avant le conflit, Olga travaillait aux côtés de son mari et manageait une équipe chargée de la commercialisation des produits fabriqués.

Depuis 1 mois, Sascha, qui vient de fêter ses 16 ans, est scolarisée au collège Saint Dominique de Guingamp où elle suit assidûment les cours d’une classe  de troisième européenne. Grâce à l’accueil bienveillant de Guy Robin, le Directeur, au soutien constant apporté par les enseignants et aux marques d’amitié sincère affichées par ses camarades français, Sascha s’est très vite intégrée au groupe et progresse très vite dans la maitrise de notre langue. Dans ses temps libres, elle prend soin de son petit chien Harry et s’adonne à ses passions que sont la peinture et la guitare. « Palettes, toiles, pinceaux et instruments de musique ont été généreusement offerts ou mis à disposition de notre jeune artiste qui en fait un bon usage ! » précise Martine

Chaque jour, Olga et Sascha prennent un instant pour s’enquérir par téléphone, de la situation en Ukraine où sont également les parents d’Olga, ainsi que sa sœur et sa famille. La situation, même dans la région de KIEV, demeure tendue car les propos toujours guerriers et menaçants tenus par le maitre du Kremlin restent sources de profonde inquiétude quant à la suite de cette guerre.

Face aux incertitudes de la situation en Ukraine, la mère et la fille commencent à se faire à l’idée que l’exil sera sans doute long. A ce jour, toutes les démarches administratives ont été formalisées grâce aux instances locales chargées de l’accompagnement des ressortissants ukrainiens  accueillis en Côtes d’Armor.  Les administrations ont tout fait pour éviter les tracasseries, lever au plus vite toutes les contraintes et, ainsi, réduire le stress que ce déracinement génère chez elles.

S’adapter

Ainsi, Olga qui, de jour en jour, progresse dans ses connaissances basiques de notre langue, souhaite bien entendu trouver bientôt une activité lui permettant une plus grande autonomie. Active, entreprenante et déterminée, elle se dit prête à accepter des missions tant dans la restauration que dans les tâches ménagères ou, encore, dans les serres ou en usine.  Soucieuse de rendre service, d’exprimer toute sa reconnaissance à ses hôtes et fière de ses réels talents culinaires, Olga entend bientôt pouvoir nous concocter un repas de spécialités ukrainiennes auquel seront conviés tous ses nouveaux amis bretons.

En dépit de cet environnement protégé et apaisé dans lequel elles vivent présentement ici, elles espèrent la fin prochaine de la guerre et aspirent à revenir dans leur pays pour, d’abord, y retrouver les leurs puis reprendre le cours d’une vie sociale et professionnelle normale.

«  Nous sommes particulièrement sensibles aux marques de solidarité que nous donne tout notre entourage, à Squiffiec et plus largement dans tout notre réseau de relations dans le pays de Guingamp. Chacun, avec ses moyens, veut apporter sa pierre à l’insertion de nos 2 amies ukrainiennes en leur apportant le réconfort moral et matériel qui peut les aider à supporter cette douloureuse et inattendue page de leur vie, que nous espérons néanmoins passagère pour elles. » conclut Martine avec une pointe d’émotion dans la voix.

Olga, Sascha et Martine

 

Comme beaucoup de nos concitoyens, la guerre en Ukraine et les atrocités qui s’y sont greffées nous ont légitimement et humainement interpellés, avec d’autant plus d’acuité que, depuis de longues années, nous entretenons des relations amicales et régulières avec des amis d’origine ukrainienne vivant en France. En outre, Maria Tymoska, née en Ukraine, a longtemps vécu à Squiffiec où elle s’était parfaitement intégrée à la communauté villageoise ; Lors de nos rencontres et visites, celle qui fut notre honorable doyenne  se plaisait jusqu’à ses cent ans à nous conter des épisodes de sa jeunesse dans la région de Kiev. Nous nous étions imprégnés de sa culture…

« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli… »

Au moment d’accueillir ces personnes fuyant les exactions russes, nous n’avons pas spontanément pensé à l’Évangile de MATHIEU : « J’avais faim, vous m’avez donné à manger, j’avais soif, vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger, vous m’avez accueilli….. etc » A vrai dire non !

Il convient de trouver à cet engagement naturel et spontané d’autres fondements et d’autres motifs : notre éducation familiale fondée sur le partage, nos engagements personnels, il est vrai, éclairés du message évangélique, les relations dont nous nous sommes nourris au fil des ans  et, encore, l’environnement socio-culturel dans lequel nous baignons depuis des décennies ont naturellement développé chez nous une posture d’aidants et forgé notre caractère humblement altruiste :  notre vécu quotidien pour lequel, surtout, aucune honorabilité particulière ne nous est due,  nous invite spontanément à avoir des gestes de solidarité, de gentillesse, d’accueil, de sollicitude… des gestes d’entraide qui peuvent être faits par tous et chacun et que beaucoup de gens, chrétiens ou non,  font effectivement, sans pour autant le crier sur tous les toits ou vouloir en tirer une gloire quelconque.

Alors, en dépit de notre appartenance assumée au peuple des baptisés, ces gestes d’accueil ne sont pas faits systématiquement au nom de Dieu et identifiés comme étant des gestes religieux, des offrandes, voire un sacrifice.  Cette hospitalité offerte ne semble pas être de nature strictement religieuse. Il s’agit plus précisément de faire banalement œuvre de charité sans calcul ni arrière-pensée : un appel était lancé pour venir en aide à un peuple martyrisé ; nous avons souhaité y apporter notre petite et modeste contribution sans attendre, en contrepartie, des indulgences divines particulières… Se référer à une appartenance, quelle qu’en soit la nature, pour justifier un engagement humanitaire ne s’impose pas ; Il s’agit seulement de faire preuve d’humanité et d’offrir un peu d’amour en toute simplicité et humilité : donner à manger et à boire, accueillir, habiller, visiter, soigner, encourager, relever, soutenir…en quelque sorte, un cœur ouvert à l’universalité et une main offerte sont, pour nous, des comportements bien plus épanouissants et stimulants que le repli sur soi ou un individualisme recroquevillé. Parfois, peut-être, est-ce une chance de porter ces valeurs dans son ADN ?

D’ailleurs, si nous voulons nous référer à l’Évangile et au message de Jésus au travers de Mathieu, nous observons que le Seigneur ne nous demande que des gestes bien modestes qui ne nécessitent ni moyens exceptionnels ni dons particuliers : ce qui compte, c’est de faire quelque chose, si petite soit l’action entreprise. Le Christ ne nous demande ni actes héroïques ni actions d’éclat ! Le message divin est simplement une invitation à nous préoccuper du moment présent. C’est maintenant et, ici-bas, que commence le chemin d’Eternité, c’est maintenant, dans notre existence terrestre, que nous pouvons accueillir et ouvrir notre porte à un étranger en difficulté, c’est dans le temps présent que nous pouvons porter assistance aux plus démunis… Alors, oui ! C’est maintenant que nous pouvons, sans forfanterie ni déclaration tonitruante, assurer notre amitié avec Dieu puisqu’à « Chaque fois que vous le faites à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous le faites !

Y. L. M.

 

 

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