Éditorial de février 2025 : « Rends-moi la joie d’être sauvé » (Ps 50, 14) – par Maurice Échevest

Au cours de ce mois de février, nous allons entrer dans le Carême. Chaque année, l’Église nous offre ce temps particulier pour affermir notre foi et nous aider à cheminer vers Pâques. Au cours des quarante jours qui nous mèneront aux fêtes pascales, nous sommes invités à réinterroger notre foi, à nous remettre en question, à regarder ce qui dans nos vies n’est pas bien ajusté avec ce que Dieu attend de nous.
Pour beaucoup, et cela depuis des temps anciens, le Carême est synonyme d’austérité et de pénitence. C’est vrai que certaines lectures que nous entendrons durant ce temps, en particulier celles de l’Ancienne Alliance, ne sont pas très réjouissantes. Leur but n’est pas de faire peur ni de nous faire courber l’échine devant un Dieu exigeant et jaloux, mais bien de nous aider à revenir vers lui et d’affermir notre confiance en ce Dieu de miséricorde qui veut notre bonheur, tout en respectant notre liberté. Le Carême est avant tout un temps de conversion pour nous réapprendre à ouvrir notre cœur à l’amour du Seigneur et à l’amour pour les autres.
En suivant dimanche après dimanche Jésus sur son chemin parmi nous, nous le verrons relever des hommes et des femmes de leur infirmité, de leur péché et même de la mort ! Cette attitude de Jésus révèle bien sa mission parmi nous : annoncer l’amour du Père pour l’humanité, tracer le chemin qui nous mène vers Lui. Le Carême est donc une proposition pour nous mettre en mouvement vers cet amour dans le sillage de Jésus. C’est un temps qui nous engage chaque année à la prière, à l’écoute de la Parole mais aussi au partage et à la solidarité. Car, s’il s’agit de convertir nos cœurs et d’affermir notre foi, il s’agit également de nous remettre en question sur notre relation aux autres. Jésus s’est fait le frère de tous pour que nous soyons, nous aussi, le frère ou la sœur de ceux qui vivent à nos côtés. Le Carême nous invite à être attentifs à ceux que nous rencontrons. Savons-nous leur offrir du temps pour prendre de leurs nouvelles, pour les écouter, pour nous réjouir avec ceux qui sont dans la joie, pour consoler ceux qui sont dans la peine… Ce sont autant d’occasions de faire de chacune de nos rencontres un chemin qui nous conduit vers Dieu.
Nous savons que toute remise en question peut être difficile à mettre en œuvre, car, bien souvent nous sommes faibles et nous ne nous sentons pas la force de faire cet effort qui nous est demandé. Alors nous pouvons peut-être regarder de plus près le psaume 50 qui répondra à la lecture du livre du prophète Joël le mercredi des cendres. Il s’agit de la prière confiante d’un pécheur qui supplie de Seigneur : « Rends-moi la joie d’être sauvé, que l’esprit généreux me soutienne ».
Très bon chemin de Carême à chacune et à chacun !
Maurice Échevest, diacre
