Homélie du père Gaëtan Lormel pour le 2ème dimanche de Pâques (année B – 11 avril 2021) : dimanche de la Miséricorde.

 

(Ac 4, 32-35 ; Ps 117 : 1 Jn 5, 1-6 ; Jn 20, 19-31)

Nous célébrons aujourd’hui le deuxième dimanche de Pâques et depuis quelques années, il est aussi appelé dimanche de la miséricorde. C’est le pape Jean-Paul II qui a institué cette fête. Il répondait ainsi au désir que le Seigneur avait transmis à sainte Faustine : “En ce jour, disait Jésus, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes ; je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de ma miséricorde… La fête de la miséricorde est issue de mes entrailles. Je désire qu’elle soit fêtée solennellement”. Cette fête de la miséricorde me rappelle ces pèlerinages que j’ai pu faire au sanctuaire de la divine miséricorde en Pologne où j’ai pu découvrir la vie de Soeur Faustine, c’est une invitation pour chacun d’entre vous à prendre rendez vous à l’issue de cette pandémie. Oui, c’est un beau pèlerinage à faire qui nous fera découvrir un attribut de Dieu, la miséricorde. Attribut que nous devons mettre en pratique chaque jour dans notre vie chrétienne, soyons miséricordieux comme le Père !

Et je crois que les lectures de ce jour sont des témoignages de cette miséricorde de Jésus ressuscité. Nous le voyons dans les premiers mots qu’il adresse à ses apôtres. Il aurait pu leur reprocher de l’avoir renié et abandonné. Au lieu de cela, c’est un message de paix qu’il leur adresse : « La Paix soit avec vous ! ». Cette paix ce n’est pas seulement l’absence de conflit. C’est la paix intérieure, le pardon, la joie retrouvée. Jésus ressuscité est source de paix, en avons-nous conscience ? Par sa victoire sur la mort et le péché, il réconcilie tous les hommes avec Dieu. Les forces contraires à Dieu ont été vaincues ; il fait triompher la paix.

Thomas, homme de foi !

Dans un deuxième temps, l’évangéliste fait remarquer que Thomas n’était pas avec eux lors de la première rencontre. Quand ses amis lui en parlent, il refuse de croire : nous avons entendu ses paroles : « si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas mes mains dans son côté, non, je n’y croirai pas. » Bien sûr, nous avons l’habitude de sourire de son manque de foi. Et ils sont nombreux aujourd’hui ceux et celles qui disent dans nos campagnes : “Je ne crois que ce que je vois, je suis comme saint Thomas… Comme je ne vois rien, je ne crois pas.”

Mais il est important que nous lisions cet évangile jusqu’au bout. Nous voyons en effet Thomas se mettre à genoux devant Jésus. Il est allé encore plus loin que les autres dans son acte de foi. Les apôtres avaient reconnu en Jésus l’ami d’autrefois. Mais Thomas fait un pas de plus car il est le premier à dire « Mon Seigneur et mon Dieu ». Comme lui, nous sommes invités à croire en accueillant la présence de Jésus ressuscité et en recevant sa parole. Quand nous rentrons à l’église pour l’Eucharistie c’est lui qui nous accueille. Comme Thomas, nous pouvons nous tourner vers lui et lui dire « Mon Seigneur et mon Dieu ». Heureux sommes-nous si nous croyons sans voir. C’est avec cette conviction que nous deviendrons témoins de sa miséricorde.

Miséricorde et communauté

La première lecture nous montre aussi une communauté de chrétiens qui a bénéficié de cette miséricorde de Jésus et qui en témoigne. On faisait leur éloge pour ce qui s’y passait. En eux c’est Dieu qui accomplissait des merveilles. Hommes et femmes de plus en plus nombreux adhéraient à la foi. Avant d’être un contenu théorique, la foi est une rencontre avec la personne de Jésus ressuscité. Il ne peut pas y avoir d’évangélisation sans la foi ni sans le témoignage d’une vie fraternelle. Les divisions, les violences et les rancunes sont un contre-témoignage. Elles font obstacle à l’annonce de l’Évangile. Celle-ci ne peut être accomplie que par des communautés unies ; alors posons nous la question : est ce que ici dans notre communauté pastorale de Guingamp, nous formons cette communauté fraternelle ou est ce que nous restons dans les divisions ou les rancunes ? Je ne peux pas répondre à votre place mais chacun peut formuler une réponse en lui et faire ce qu’il doit pour construire ce royaume de Paix et d’amour où chacun est accueilli comme un frère !

Ces lectures nous renvoient à chacun d’entre nous. Nous vivons dans un monde indifférent à la foi. Dans certains pays, il est interdit d’être chrétien. Mais malgré les menaces qui pèsent sur leur vie, beaucoup font preuve d’un courage extraordinaire. Ces chrétiens ont la ferme certitude que Dieu se tient bien présent au milieu des siens.

En ce dimanche, nous te prions, Seigneur : rends-nous plus disponibles à la force de la foi. Sois avec nous pour que nous soyons plus courageux dans le témoignage. Garde-nous plus généreux dans la pratique de la charité fraternelle. “Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour”. Amen.

Prière pour prolonger la méditation

« Seigneur, donne-moi une Foi ferme et inébranlable »

« Je ne veux, Seigneur, ni argent ni or.

Donne-moi une foi ferme et inébranlable.

Je ne cherche, Seigneur, ni plaisirs ni joies de ce monde.

Console-moi et affermis-moi par ta sainte Parole.

Je ne Te demande pas honneurs et considération d’ici-bas :

ils ne peuvent en rien me rapprocher de Toi.

Donne-moi ton Saint Esprit.

Qu’il éclaire mon cœur et me fortifie.

Qu’il me console dans mon angoisse et ma misère.

Garde-moi jusqu’à la mort dans la vraie foi,

dans la ferme confiance en Ta grâce. Amen. »

Prière de Martin Luther

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