Homélie du diacre Maurice Échevest pour le 12e dimanche ordinaire (B) : la tempête apaisée

Dimanche 20 juin 2021 (Jb 38, 8-11/ Ps 106/ 2 Co, 5, 14-17/ Mc 4, 35-41)

 

« Le vent tomba, et il se fit un grand calme. »

Les disciples sont pris dans la tempête et ils sont saisis de crainte. Jésus est bien avec eux, lui qui peut certainement les sauver, mais il dort ! Alors ils le réveillent et le mettent devant la réalité de leur situation: « nous sommes perdus ! » Réveillé, Jésus commande simplement à la mer et au vent : « Silence, tais-toi ! » Et en un instant, « il se fit un grand calme ! » Prodigieux !

Si la crainte avait envahi les disciples, maintenant ce sont les interrogations qui les assaillent : « Qui est-il donc celui-ci ? »

« Qui est-il donc celui-ci ? »

Dans cet épisode, en effet, les disciples en sont à leurs débuts de compagnonnage avec Jésus. Ils n’ont pas encore compris qui est réellement ce Maître qui parle aux foules d’une manière magistrale et qui fait des prodiges que nul ne peut accomplir. Qui est-il donc celui-là qui s’étonne de leur manque de foi ? C’est tout naturellement qu’ils s’interrogent sur l’identité de Jésus. Mais il va leur falloir encore cheminer avec lui avant qu’ils reconnaissent qu’il est le Fils de Dieu.

Jésus respecte ce temps de cheminement de ses Apôtres. Il les amène, avec beaucoup de patience et de délicatesse, à découvrir sa véritable nature : à la fois humaine, en partageant la vie de ses compagnons, mais aussi divine, en les enseignant et en accomplissant des miracles. Désormais, la tempête n’est plus sur la mer, mais dans le cœur et dans l’esprit de ces compagnons qui marchent à ses côtés. Ils doivent, petit à petit, discerner qui est ce personnage qui ne se dévoile pas ouvertement, mais qui se laisse deviner dans le respect de la liberté de chacun.

Saint Paul l’annonce clairement aux chrétiens de Corinthe : « Si nous avons connu le Christ de cette manière (simplement humaine), maintenant nous ne le connaissons plus ainsi … Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. » Jésus est effectivement vrai homme puisqu’il est né de la Vierge Marie. Il a vécu l’humble vie des hommes de son temps et il a souffert sur la croix avant d’être enseveli dans un tombeau.

Mais il a fallu attendre le matin de Pâques et les apparitions du Ressuscité pour confirmer ce que Pierre avait déjà annoncé : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16).

Le Fils de Dieu

Oui, Jésus, cet homme qui les a appelés à le suivre, est bien le Fils de Dieu. Alors, pourquoi cette crainte, pour ne pas dire cette panique qui s’est emparée d’eux quand les flots menaçaient la barque ? D’où cette apostrophe de Jésus : «Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ».

Cet épisode marque les esprits des disciples et leur permet d’avancer dans la découverte de celui qui semble être le maître des éléments.

« Avec lui à bord, on ne fait pas naufrage » (Pape François)

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Peut-être vous souvenez-vous de ce temps de prière présidé par le pape François le 27 mars 2020 sur la Place Saint-Pierre déserte. Le monde entier était sous le choc de la pandémie qui paralysait nos sociétés. C’était effectivement comme une tempête qui déferlait sur nous, et nous ne savions pas ce qui allait nous arriver. Les chiffres des contaminations s’affolaient, les morts se comptaient par centaines chaque jour, les urgences des hôpitaux semblaient dépassées par l’ampleur de la tâche pour laquelle ils n’avaient que peu d’expérience.

Dans cette situation inédite, le pape, en commentant ce même texte d’Evangile, a utilisé à plusieurs reprises cette interpellation de Jésus. Il appelait ainsi le monde, c’est-à-dire chacun de nous, à ne pas désespérer, à ne pas céder à la panique lorsque survient une tempête dans nos vies. Il nous invitait à nous  tourner vers Celui qui est à nos côtés dans la barque de nos vies. Il nous invitait à ne pas hésiter à le réveiller pour qu’il nous rassure et qu’il apaise le tumulte qui nous saisit quand nous découvrons l’ampleur de notre faiblesse et de notre vulnérabilité. Je reprends simplement cet extrait de l’homélie du pape François : « Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais. »

 

Ce passage est toujours d’actualité, car si la pandémie semble se calmer, nous ne devons pas oublier qu’à tout moment la tempête, celle de la pandémie, ou une autre, peut à nouveau se lever et nous prendre au dépourvu. Mais si, comme les Apôtres, nous nous tournons vers Celui qui est assis là, tout près de nous et que nous l’appelons à notre secours, alors peut-être pourrons-nous voir le vent tomber et ressentir un grand calme bienfaisant et rassurant.

 

Maurice Échevest, diacre

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