Editorial de décembre 2021 : « Fin d’année – Début d’année »

 

Fin d’année civile

Le mois de décembre est souvent le moment de faire le bilan de cette année civile qui se termine. Cette année encore, nous aurions beaucoup de choses à en dire, car elle a été riche en évènements dont la plupart laisseront une trace durable dans nos esprits.

Ce que nous en retiendrons sûrement, c’est l’âpreté des derniers mois écoulés. Le rapport de la Commission Indépendante sur les Abus Sexuels commis au sein de l’Église (CIASE) par des ministres, dont la mission est d’annoncer la parole d’amour de notre Seigneur, a été sans complaisance. Je pense qu’on ne peut que se féliciter de cette franchise. Il était temps que toute la lumière soit faite sur ces exactions dont un nombre considérable d’enfants ont été et resteront marqués à vie dans leur chair et dans leur esprit.

Si l’accablement et la stupeur ne sont pas près de s’estomper, il faut avant tout reconnaître que nous tous, baptisés, avons un même devoir envers les victimes : faire en sorte que l’Église se purifie afin qu’elle poursuive sa mission d’annonce de l’Évangile malgré la honte qu’inspirent ces révélations. La meilleure façon de réparer n’est sûrement pas de laisser, de manière hypocrite, le temps faire son œuvre et d’oublier ce qui s’est passé. Il s’agit d’affronter cette épreuve pour que l’Église tout entière : les ministres ordonnés, les laïcs engagés à divers titres et bien sûr tous les fidèles, en s’appuyant sur la foi de leur baptême, gardent l’espérance que l’Esprit Saint est capable de nous aider à faire du neuf sur les ruines de ce qui s’est passé.

Début d’année liturgique

Le mois de décembre est aussi le début d’une nouvelle année liturgique commencée le dimanche 28 novembre.

Le temps de l’Avent nous conduit vers la fête de Noël. C’est d’abord un temps d’espérance en Celui qui est annoncé depuis les temps immémoriaux. Cette attente est particulièrement manifestée dans les lectures tirées, chaque dimanche, de l’Ancien Testament. Les prophètes que nous entendons nous invitent à cette joyeuse espérance. En voici quelques extraits significatifs :

  • Voici venir des jours où j’accomplirai la parole de bonheur… (Jr 3, 14) – 28 novembre
  • Debout Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur et regarde vers l’orient… (Ba 5,5) – 5 décembre
  • Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Eclate en ovations, Israël… (So 14) – 12 décembre
  • Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur… (Mi 5, 3) – 19 décembre

L’attente, nous le savons, est une épreuve qui aiguise notre désir de la rencontre. Ce temps de l’attente nous est donné chaque année pour renouveler notre conversion, pour préparer, à nouveau, notre cœur à recevoir Celui qui ne cesse de venir à notre rencontre : le Christ, le Sauveur.

Que cette préparation à accueillir l’Enfant fragile de la crèche soit pour toute l’Église, pour chacun de nous, un temps de renouveau pendant lequel nous pourrons affermir notre foi en ce Dieu qui ne cesse de nous aimer. Il nous appelle à regarder chaque être humain, à commencer par les plus fragiles, et donc les enfants, comme un frère ou une sœur en humanité et dont la dignité est une valeur sacrée.

Que la fête de Noël réjouisse le cœur de chacune et de chacun.

Maurice Échevest, diacre permanent

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