Éditorial de mars 2026 : Ensemble sur un chemin de lumière et de vie (Gaël Lemoine)

Ensemble sur un chemin de lumière et de vie
Ça y est, nous y sommes : en plein Carême ! Et peut-être ce temps liturgique ne fait-il pas toujours partie des périodes que l’on attend avec le plus d’impatience. Quarante jours, des efforts, des remises en question… Peut-être qu’on aimerait parfois appuyer sur avance rapide et passer directement du mardi gras à Pâques, sans trop s’attarder en chemin…
Et pourtant, chaque année, l’Église nous invite à entrer dans ce temps particulier, non pas comme dans une parenthèse triste ou austère, mais comme un véritable chemin de vie. Un chemin qui nous conduit pas à pas vers Pâques, sommet de notre foi et de notre espérance, là où la Vie l’emporte sur toutes formes de mort.
Nous le savons, le Carême est d’abord un chemin intérieur et les évangiles que nous allons entendre tout au long de ce mois de mars vont nous accompagner avec une grande pédagogie sur ce chemin.
Dès le premier dimanche, avec la Transfiguration (Mt 17, 1-9), Jésus laisse entrevoir sa lumière. Avant même la montée vers Jérusalem, les disciples reçoivent cette promesse : la gloire est déjà à l’œuvre. Cette lumière nous invite à prendre du temps pour Dieu, à nourrir notre relation avec Lui dans la prière, à écouter sa Parole et à lui faire confiance, même lorsque le chemin devient exigeant, difficile.
Puis vient la rencontre avec la Samaritaine (Jn 4, 5-42). Jésus rejoint une femme sur le bord du chemin, dans sa soif, ses questions et ses fragilités. Le Carême nous rappelle alors que la foi n’est jamais seulement une affaire privée. Elle ouvre à la rencontre, au dialogue, au partage. C’est un temps privilégié pour prendre soin de notre relation aux autres, à travers la charité, le service, l’attention portée aux plus fragiles et aux plus éloignés.
Avec l’aveugle-né, c’est notre regard qui est travaillé (Jn 9, 1-41). Apprendre à voir autrement, à reconnaître nos zones d’ombre, à accepter d’être éclairés par le Christ. Le Carême devient ainsi un temps pour prendre soin de notre relation à nous-mêmes, grâce à la sobriété, au jeûne et au silence, afin de faire de la place et de retrouver l’essentiel.
Enfin, avec la résurrection de Lazare (Jn 11, 1-45), nous comprenons où tout ce chemin nous conduit : vers la vie plus forte que la mort. Le Carême nous prépare ainsi à cette montée vers Pâques, dans un temps qui prend son temps, à l’opposé de notre monde qui veut tout, tout de suite.
Dans notre communauté pastorale du Pays de Guingamp, ce Carême est ainsi une invitation à marcher ensemble. Ensemble pour prier, pour servir, pour avancer vers les Rameaux et la Semaine sainte. C’est aussi un temps pour prendre soin les uns des autres, et particulièrement de nos prêtres. C’est ainsi, humblement et fidèlement, que nous construisons l’Église du Seigneur.
Oui, le Carême peut parfois sembler austère. Mais il est un chemin de lumière, un chemin d’eau vive, un chemin de vie. Un chemin que nous faisons ensemble, tournés vers Pâques, pour la gloire de Dieu et le salut du monde !
Gaël Lemoine, diacre permanent
