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Pardon 2026 de Notre Dame de Bon Secours : un bon cru !

Pardon 2026 de Notre Dame de Bon Secours : un bon cru !

 

 

Le calicot du pardon de 2026

 

Nos activités paroissiales se vivent dans la modestie, mais oui on peut dire que l’édition 2026 du pardon de Notre Dame de Bon Secours (Itron Varia ’Wir Sikour) a été un bon cru. Nous noterons en premier lieu la mobilisation des bénévoles, grâce notamment à diverses initiatives fédérées par le comité du pardon. Fleurir la basilique, répéter les chants, préparer des livrets, organiser divers repas pour les intervenants, mettre en place le service d’ordre, régler maints détails et procédures avec la mairie, la gendarmerie et autres services publics, convoquer et renseigner la presse, préparer la liturgie pour trois jours, contacter le cinéma Les Korrigans, organiser une soirée sur la Plommée, une autre consacrée à la louange, recruter des photographes (préparer une exposition pour la basilique), installer les feux de joie (tantad(où) et ensuite en enlever les cendres… les « petites mains » n’ont pas chômé. Merci à l’équipe qui a pris en charge la communication autour de cet événement.

Il faut ici remercier chaleureusement toutes les personnes qui se sont investies de près ou de loin dans cette tâche immense qui se voulait un hommage à la Vierge Marie, Mère du Christ et notre Mère. Notre Dame de Bon Secours, dont la statue trois fois incendiée a été trois fois restaurée, et dans les règles de l’art. Un merci spécial aux actrices et acteurs de cette dernière restauration, que nous évoquons à présent.

 

Vendredi 3 : messe pour les malades et les personnes âgées, puis veillée de louange

 

 

Début de la visite des malades et personnes âgées (le vendredi)

 

 

 

 

 

Le pardon a commencé selon la tradition, le vendredi 3 juillet, par la messe des personnes malades ou âgées, préparée par des fidèles engagés dans la pastorale de la santé. C’est notre curé, le père Paul Badjakata, qui l’a célébrée assisté par des diacres. Il a évoqué la sollicitude du Christ pour celles et ceux dont la santé est défaillante. La présence des personnes qui les aident, les entourent, les soignent est signe de cet amour de Jésus pour toute personne en souffrance. Merci aux actrices et acteurs de cette pastorale, merci aux aidants, aux personnels de santé ou travaillant dans les EHPAD.

C’est toujours avec émotion que l’on voit la statue de la Vierge, avec ses quatre solides porteurs, venir directement à la rencontre des personnes en fauteuils roulants. On y verra un lien avec l’évangile de la Visitation qui sera lu lors de la messe du samedi soir. Marie nous visite tous !

 

 

Joie et fierté des porteurs à l’issue de la visite des malades

 

Cette messe constitua une excellente introduction à la soirée de louange et d’adoration (avec possibilité de se confesser) programmée ce même vendredi, en soirée. Merci à toute l’équipe de chanteurs et chanteuses, musiciennes et musiciens jeunes et moins jeunes qui ont préparé et animé ce temps de prière joyeuse et fervente.

 

 

Le groupe d’animation de la soirée louange et adoration

 

Les tribulations de la statue de la Vierge

Voir l’article : https://www.paroissespaysdeguingamp.catholique.fr/blog/2026/06/28/reception-de-la-statue-de-procession-restauree-de-notre-dame-de-bon-secours/

 

 

           

 

Statue de procession de N-D de Bon Secours (Guingamp) en 2025 puis en 2026 après sa restauration

 

 

 

 

La statue de Notre-Dame de Bon Secours que l’on porte en procession, gravement touchée par l’incendie de septembre 2025, a été entièrement restaurée pour pouvoir participer au Pardon de Guingamp. Le 4 juillet, le maire Philippe Le Goff a découvert l’œuvre rénovée aux côtés du Père Paul Badjakata, curé de Guingamp. La restauration, confiée à l’Atelier Arthema, a redonné éclat et stabilité à la statue.

L’intervention a aussi porté sur les habits de la Vierge : de nouveaux vêtements ont été créés par Blanche Quillard, jeune styliste guingampaise. Leur réalisation a été financée par la paroisse et des dons. Le brodeur quimpérois Pascal Jaouen a apporté une contribution majeure : 390 heures de broderie ont été nécessaires pour réaliser le camélia rose, symbole de Guingamp, les hermines et les ornements du manteau.

Lors de la présentation, le maire a salué le travail des artisans et rappelé l’importance du lien entre la Ville et la paroisse, alors que des études sur la Basilique vont être lancées.

Grâce à cette mobilisation, la statue a pu être portée en procession le 4 juillet à 21 h, avant de rejoindre la Place du Centre et ses trois tantad.

 

 

Broderies des vêtements de la Vierge (Notre-Dame de Bon Secours), avec notamment le camélia Ville de Guingamp

 

Jef Philippe

Les homélies de Monseigneur Stanislas Lalanne (texte intégral)

 

 

Mgr Stanislas Lalanne (évêque émérite de Pontoise, à g.) et Mgr Denis Moutel (évêque de St-Brieuc et Tréguier)

 

Homélie de Stanislas Lalanne – Messe du samedi 4 juillet 2026 au soir – Basilique de Guingamp

(Luc 1, 39-56)

Quel beau récit que celui de la Visitation que nous venons d’entendre :

  • Visitation de Marie à Élisabeth
  • Visitation du Fils de Dieu
  • Appel pour une Église de la visitation.

 

Avouez que cette visite de Marie à Élisabeth, sa cousine, n’est pas une visite comme les autres ! On imagine la rencontre de deux femmes qui vont partager la joie d’être enceintes. Mais l’une et l’autre attendent un enfant à la destinée exceptionnelle.

Que se passe-t-il donc ? L’une arrive, l’autre accueille. Élisabeth offre à Marie l’hospitalité. L’une et l’autre se reconnaissent, chacune étant profondément heureuse de ce qui arrive à l’autre.

De cette rencontre, de cet accueil mutuel, va jaillir ce que j’aime appeler l’Évangile du bonheur de croire : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Le bonheur de croire ! Il y a malheureusement tant de chrétiens qui donnent l’impression que la foi est une sorte de fardeau, pesant et ennuyeux à porter !

Bien entendu, il n’y a pas de foi sans courage, sans élan, sans recherche, peut-être même sans difficulté, sans épreuve, sans combat spirituel, sans passer par le doute…

Mais la foi est bien d’abord un bonheur venu de Dieu. Au cours de cette Visitation, ce bonheur s’exprime dans ce chant extraordinaire, le Magnificat. Bonheur de Marie pour les merveilles de Dieu dans sa vie.

Si la visite de Marie à Élisabeth nous apprenait qu’il existe vraiment un bonheur de croire, cette visite nous aurait rendu, si je puis dire, un fier service !

Mais l’importance exceptionnelle de cette visite de Marie peut nous inviter à réfléchir un peu plus avant à ce que c’est que « visiter ». N’allons pas chercher midi à quatorze heures. Essayons de faire appel à notre propre expérience.

Nous savons ce que cela suppose que d’aller visiter, par exemple, une personne malade à l’hôpital. Il peut arriver que certaines personnes donnent l’impression d’aller visiter les malades pour avoir l’occasion de raconter leur propre maladie !

Mais une vraie visite, c’est autre chose :

  • celle à laquelle on s’est préparé, en priant,
  • celle au cours de laquelle on ne pense pas d’abord à soi, mais à celui ou celle que l’on est venu voir et qu’on veut rendre heureux.

Vous savez ce que c’est qu’attendre une visite :

  • dans les moments où l’on se sent seul,
  • dans les moments où, sans le dire, on aimerait bien qu’un ami vienne frapper à la porte,
  • ou encore décroche le téléphone ou vous envoie un message.

Si la visite souhaitée s’annonce, alors, on s’habille le cœur, on se rend disponible à la rencontre, qui va ressembler à la précédente, et dont on espère pourtant qu’elle sera comme neuve…

Nous savons aussi qu’il y a des visites qui dérangent, il y a des visites que nous redoutons, il y a des visites qui nous font peur.

Nous savons combien il peut être difficile de prendre du temps pour accueillir :

  • celui à la venue duquel nous n’avons pas pensé,
  • celui dont l’arrivée imprévue nous empêche de faire ce que nous avions programmé !

Si nous réfléchissons à tout cela, si profondément lié à notre humanité, nous ne pouvons plus nous étonner que, dans la Bible, le livre de la Parole de Dieu, la visite ait pu revêtir tellement d’importance.

La visite ? Quelle visite ? Je veux parler d’abord de la visite de Dieu. Là aussi, il y a rencontre. Là aussi, il y a hospitalité, et même une formidable hospitalité. Le mystère de la visite de Dieu, c’est toujours un mystère qui appelle à vivre, qui appelle à grandir, qui appelle à la fécondité.

Souvent, nous cherchons à être efficaces, nous cherchons des moyens et une organisation efficace de notre Eglise, de nos communautés. Nous cherchons des résultats, nous cherchons de la productivité !

Mais la fécondité, c’est autre chose. Elle est d’un autre ordre. Elle a rapport avec la vie, elle a rapport avec le temps, elle a rapport avec la patience.

Si la croissance de la vie était affaire d’efficacité, on pourrait faire pousser des plantes ou des fleurs en tirant dessus ! Mais la semence et la croissance des plantes supposent une terre féconde, une terre arrosée, fertile.

Pourquoi je vous parle de cela ? Parce que je pense à cette Église dont nous sommes les membres. Beaucoup ont aujourd’hui l’impression qu’elle recule, que la barque prend l’eau dans la tempête…

Mais c’est vrai aussi que Dieu ne cesse de la visiter, de l’appeler, dans sa fragilité, pour qu’elle soit féconde, pour qu’elle donne la joie.

Dans notre prière, demandons à Dieu de visiter son Église, de visiter vos communautés, vos familles… Mettons-nous en disposition d’entendre ses appels, pour y répondre comme elle : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole ! »

Ce soir, nous fêtons Marie, Notre-Dame de Vrai Secours, « Itron Varia Gwir Sikour »,

  • celle qui a proclamé ce bonheur de croire,
  • celle qui a chanté dans l’action de grâce : « Tous les âges me diront bienheureuse»,
  • celle qui a répondu à l’appel du Seigneur et qui nous montre le chemin.

Elle est là, avec nous, pour que nous puissions accueillir la visite du Seigneur, pour que nous puissions entendre ses appels et y répondre.

Ce Pardon est un temps privilégié pour accueillir la visite du Seigneur, comme Marie, Notre-Dame de Bon Secours.

A l’école de Marie, de Notre-Dame de Bon Secours, notre mission, c’est de faire retentir devant les hommes la salutation de Dieu : « Le Seigneur soit avec vous ! »

Évangile de la Visitation… L’Église appelée à visiter fraternellement le monde pour lui apporter, dans la douceur de sa charité, la joie de la délivrance : la paix, le bonheur, le salut.

L’Église appelée à être signe, parmi les hommes, de la visite de Dieu. Le mystère de la visite de Dieu, c’est toujours un mystère qui appelle à vivre, à grandir, à la fécondité.

Oui, Dieu ne cesse de visiter l’Église. Il ne cesse d’appeler vos communautés, pour qu’elles soient fécondes, pour qu’elles donnent la vie à leurs membres, pour qu’elles donnent la vie à de nouveaux enfants. Amen.

 

 

 

Bénédiction de la statue restaurée par Mgr Lalanne, avant la procession du samedi soir

 

Conclusion par Stanislas Lalanne de la procession du samedi 4 juillet 2026 à Guingamp

 

 

Départ de la procession (par la Porte au Duc)

 

 

Tête de procession

 

 

Les bannières des relais

 

Près du Champ au Roy, alors que tombe la nuit.

 

Juste quelques mots à la fin de cette belle procession avec Marie, Notre-Dame de Bon Secours. C’est elle qui nous montre le chemin de la disponibilité à l’imprévu de Dieu dans nos vies…

Nous avons médité ce soir sur la Visitation. Mais je pensais également durant cette procession à ces quelques passages d’Evangile où il est question de Marie.

En particulier, l’Annonciation, l’annonce faite à Marie dans une petite bourgade quasi inconnue de Galilée.

Dieu ne cesse d’être surprenant, parfois déroutant, bousculant nos représentations trop étroites !

On avait dit à Marie qu’on ne pouvait pas voir Dieu sans en mourir, qu’on ne pouvait même pas prononcer son Nom.

Eh bien voilà qu’il est dit à cette jeune fille pétrie de foi juive : Dieu pour toi ne sera pas l’insaisissable, l’inconnaissable, car sa lumière va s’incarner en toi.

Voilà qu’on vient lui dire que Dieu ne sera pas celui qu’on ne peut pas nommer, puisqu’en elle sera conçu un enfant qui portera le Nom de Dieu : Jésus, c’est-à-dire « Dieu sauve » !

Marie, depuis sa tendre enfance, a vécu en harmonie avec la Parole de Dieu, avec ce que Dieu attend d’elle. Alors, elle accepte cet appel à la vie. Elle accepte que la vie même de Dieu entre en elle. Nous sommes trop habitués à ce récit que cela nous semble normal, évident, banal…

Marie prête à tous les risques : « Voici la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta parole. »

D’une certaine manière, elle est la première de cordée de tous ceux et celles qui, dans l’histoire humaine, hier, aujourd’hui et demain,

  • sont disponibles aux appels de Dieu,
  • sont disponibles à ce Dieu qui peut venir là où on ne l’attend pas.

C’est le sens de ce Pardon. Marie, Notre-Dame de Bon Secours, première de cordée, Marie, notre sœur aînée, parmi tous ceux qui sont persuadés que Dieu nous offre toujours la vitalité, la nouveauté, parmi ceux qui sont à la recherche de ce Dieu qui vient.

Une femme que nous devons avoir le désir de suivre, pour être disponible comme elle, sans crainte, nous interrogeant seulement comment Dieu peut-il faire en nous des choses extraordinaires…

Qui que nous soyons, Dieu se propose de venir nous rejoindre dans notre histoire, dans nos « Galilées », mais seulement dans la mesure où nous voulons bien nous laisser étonner.

Pour répondre à Marie, qui ne comprend pas bien la merveille de ce qui lui arrive, l’ange fait une proposition. Il l’invite, de la part de Dieu, à scruter les signes des temps, en regardant la vie des autres, la vie de sa parente, une vieille femme stérile !

L’ange lui manifeste ainsi que si rien n’est impossible à Dieu dans l’histoire d’Élisabeth, c’est tout aussi vrai dans son histoire à elle.

Dieu, par la bouche de l’ange, nous invite à travailler notre regard, à regarder autrement :

  • nous réjouir de ce qui manifeste l’inattendu de la grâce de Dieu,
  • nous laisser surprendre par ce que Dieu peut susciter, y compris chez les plus petits, y compris chez ceux que l’on estime sans avenir, ceux que l’on est tenté de juger… stériles !

Aujourd’hui encore, dans bien des Galilées, l’amour de Dieu continue à s’incarner dans des histoires humaines, continue à être surprenant !

Si ce Pardon était pour nous l’occasion de nous laisser surprendre par tout ce que Dieu peut susciter dans nos vies ?

Occasion de nous émerveiller de la possible fécondité d’une Parole d’espérance, d’une Parole de Dieu dans nos histoires humaines. Amen.

 

 

Mise à feu d’un tantad par les deux évêques

 

 

 

Bénédiction des fidèles à la fin de la procession du samedi soir, par Mgr Stanislas Lalanne

 

Homélie de Stanislas Lalanne – Pardon de Notre-Dame de Guingamp – Dimanche 5 juillet 2026

Za 9, 9-10 ; Mt 11, 25-30

 

 

La consécration

 

« Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout petits. »

 

Ce verset est une belle manière de décrire Marie qui met sa confiance en son Fils. Ce Fils qui nous révèle la miséricorde du Père qui prend soin de nos fragilités, qui répare, unifie, relève.

Voilà que Dieu se penche sur quelqu’un d’insignifiant, une petite jeune fille inconnue de 14-15 ans, au fin fond de la Palestine, il la choisit et l’envoie. Et c’est Marie, qui nous révèle cette miséricorde qui nous donne le salut.

Mais, attention ! Pas d’anti-intellectualisme dans ce verset d’Évangile. Nous ne pouvons pas nous contenter de penser : « Je crois mais je ne cherche pas à comprendre, c’est trop compliqué ! »

Pensez à la question de Marie lors de l’Annonciation. Elle ose interpeller l’ange en lui posant simplement la question sur le comment : « Comment cela peut-il se faire puisque je suis vierge ? »

Nous ne pouvons ériger la foi du charbonnier en Credo sans faire injure à celui qui nous a donné l’intelligence ! Tout l’Évangile montre que le Christ demande à ceux qui le suivent un effort d’intelligence. Alors ?

Eh bien, ce qui m’intrigue, c’est que Jésus s’adresse d’abord à son Père – « Père je te loue. » Jésus n’en finit pas de rappeler que nul ne peut aller vers le Père sans passer par lui.

Tout au long de l’Évangile, il se heurte à ces sages et ces savants de l’époque, scribes ou pharisiens qui veulent l’entraîner dans des discussions d’école. Tout au long de l’Evangile Jésus ne cesse de répéter : « Ce que vous faites au plus petit, c’est à moi que vous le faites » (Mt 25, 31ss).

Aller vers Dieu ce n’est pas une prise de tête ! C’est risquer son amour ! C’est le chemin de Marie.

J’en viens maintenant à un second passage qui m’a provoqué dans l’Évangile de ce jour : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humbles de cœur et vous trouverez le repos », nous dit Jésus.

On ne voit plus de joug, cette pièce de bois posée sur le cou des animaux de trait pour les lier, depuis que les attelages de bœufs ont été remplacés par des tracteurs ! Mais on sait que le joug, sous lequel passaient les vaincus, évoque soumission et oppression qui font courber la nuque en signe d’humiliation.

Pourtant la racine du mot joug, que l’on retrouve dans conjugal ou yoga, signifie relier, unir. Le joug fait tenir ensemble, il met en alliance. Il a même la forme d’une accolade. Et se donner une accolade, c’est s’embrasser en se tenant par le col, par le cou.

Le joug peut peser parfois sur vos épaules. Mais quand on est deux, côte à côte, il répartit le poids et accroît la force. La vie en communauté le rend moins lourd… Il procure de l’aide et du réconfort. Il permet d’agir, de collaborer plus efficacement, de s’aimer de manière plus proche et plus forte.

Aussi Jésus précise-t-il que son joug est facile à porter. La Parole de Dieu et les commandements, qui appellent à vivre et à aimer, peuvent être lourds. Mais, attelés à Jésus, nous n’avançons plus seuls.

La Parole de Dieu est le joug qui nous tient en alliance, en compagnonnage avec Jésus. Et Jésus transforme la Loi en un joug facile à porter, car il en fait un poids d’amour et de vie.

Nous savons qu’il y a des poids qui nous rendent légers et forts ! Il y a des jougs qui rassurent et qui encouragent. Par exemple, porter un enfant dans ses bras rend parfois la marche plus facile. Et quand l’être aimé pose son bras sur notre cou ou sur notre épaule, c’est un joug qui rassure et encourage. Il y a des charges familiales qui peuvent être épuisantes, mais est-ce qu’elles ne retiennent pas à la vie en empêchant de sombrer ?

Notre-Dame de Bon Secours, mais aussi saint Christophe, saint Joseph ou saint Antoine de Padoue sont souvent représentés portant l’enfant Jésus dans leurs bras. Mais c’est Jésus qui les tient et les maintient dans la joie et la fidélité ! Oui, il y a des poids qui nous sauvent !

Mais d’autres poids nous écrasent. Alors, Jésus appelle tous ceux qui peinent sous le poids des ans, des maladies, de la souffrance, des soucis, ceux qui ploient sous le fardeau des échecs, des péchés, de la culpabilité. Les blessés de l’amour. Nous tous, un jour ou une nuit.

Et Jésus nous procure le repos en nous attachant à lui comme le naufragé à la bouée de sauvetage. Au milieu des tempêtes et des ouragans, le joug qui nous relie à Jésus nous rattache à la vie et au bonheur. ND de Bon Secours nous le rappelle.

Car, en définitive, le joug de Jésus, le joug qu’il portera jusque dans sa mort, c’est la croix. Elle est bien un instrument de supplice et d’infamie.

Mais elle rattache Jésus à son Père et à nous dans un amour qui a un tel poids qu’il soulève le monde et fait jaillir la vie. En fait, la croix est un joug de tendresse et de salut.

Aussi, en la prenant, nous sommes liés à Jésus, enlacés dans sa vie sur un même chemin. Au cœur de l’épreuve et de la mort, elle est source de vie, de renaissance, de repos, car Jésus porte la croix pour nous et avec nous.

Au milieu des tempêtes, le joug qui nous relie à Jésus nous rattache à la vie et au bonheur : hier, aujourd’hui, demain. Et dans un même élan, Jésus, qui ne nous lâche jamais, nous porte dans les bras du Père pour nous y reposer et reprendre Souffle.

Alors, attelés au Vivant, rendus doux et humbles de cœur comme lui, nous nous attelons à réconforter nos frères, à bâtir la paix et semer la joie.

C’est pourquoi Jésus affirme qu’avec lui notre fardeau peut être allégé. Attention, je dis bien allégé et non pas nié ! Jésus n’est pas un Dieu qui reste sur la touche du stade de nos luttes humaines.

Jésus est Dieu qui porte comme nous les coups durs de l’existence. Il les affronte et nous montre une voie. Il nous invite à porter nos fardeaux les uns des autres et ainsi il est notre unité.

Jésus est enfin celui qui suggère de jeter en Dieu nos soucis. Non pas les nier mais les jeter en lui, perdre l’illusion que nous seuls pouvons sauver le monde. Ce n’est pas nous qui sauvons le monde, mais c’est Dieu qui, par nous, peut le faire !

En conclusion, je crois que la page d’Évangile que nous venons d’entendre est une invitation à nous mettre à l’école de Marie, une invitation amicale à ne pas nous montrer prétentieux devant Dieu.

Pensons-y lorsque tout à l’heure, avant de recevoir le corps du Christ, nous dirons ensemble : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. » Amen.

 

 

Les pères Anselme et André ont tenu à porter la statue de la Vierge soul l’œil vigilant de Christian (Photo : Isabelle, que nous remercions)

 

Méditation de Stanislas Lalanne – Vêpres Guingamp – Dimanche 5 juillet 2026

 

 

En quelques mots, saint Paul exprime ce qui constitue le cœur de la foi chrétienne, de la vie chrétienne. Versets bien adaptés à la fin de la célébration du Pardon de Notre-Dame de Bon Secours !

Je souhaiterais ce soir relever seulement trois points.

Le premier, cet appel à rendre continuellement grâce à Dieu. C’est le Magnificat de Marie, que nous avons entendu à la messe hier soir et que nous sommes appelés à faire nôtre ce soir : « Mon âme exalte le Seigneur… »

Dans la plupart de ses lettres, saint Paul (Romains, Galates, Colossiens…) commence toujours par rendre grâce pour l’œuvre de Dieu dans la vie de la communauté qu’il a fondée et qu’il accompagne par ses visites, ses lettres et sa prière.

Et, à la fin de ces célébrations du Pardon à Notre-Dame de Bon Secours, je ne peux que faire miennes l’une des adresses de Paul au début de ses lettres. Par exemple, celle de la Première Lettre aux Thessaloniciens : « Nous rendons grâce à Dieu à tout moment pour vous tous, en faisant mention de vous dans nos prières. Nous nous rappelons en présence de notre Dieu et Père l’activité de votre foi, le labeur de votre charité, la constance de votre espérance. »

C’est bien mon action de grâce à la fin de ce beau et riche Pardon. Que ce soit la préparation, mais également son animation, cette joie et cette ferveur que j’ai pu découvrir depuis hier soir.

Que ce Pardon nous invite tous à entrer dans cette dynamique de Marie, de Paul et de tant d’autres…

Deuxième point : « Dieu vous a choisis dès le commencement pour être sauvés par l’Esprit qui sanctifie et par la foi en la vérité. »

Dieu vous a choisis dès le commencement. Extraordinaire ! La foi est de l’ordre du don, elle est gratuite, elle n’est pas l’aboutissement de nos efforts, de notre obéissance, de notre morale, de nos mérites…

Choisis, élus, sans raison, gratuitement… C’est l’expérience même de Marie.

C’est la nôtre ! Nous ne sommes pas aimés parce que nous serions « aimables », vous comprenez ce que je veux dire : aimés sans raison !

C’est l’expérience de la samaritaine à qui Jésus s’adresse : « Si tu savais le don de Dieu… »

Il y a un verset du Livre de la Genèse que j’apprécie fortement et que j’aime citer (Gn 17, 1). Dieu dit à Abraham : « Marche en ma présence et sois parfait. » Il ne lui dit pas « Sois parfait et alors tu seras en ma présence, tu seras en communion avec moi. » La rencontre du Christ n’est pas au bout de mon obéissance à la Loi, aux commandements, au bout de mes efforts…

Ou, dit autrement, la Promesse précède la Loi. Bien sûr, découvrant avec émerveillement ce don inouï, je n’ai qu’un désir : inscrire ma vie comme une réponse à cet amour gratuit, à cet amour inconditionnel.

Io faudrait relire également les dix commandements, les dix paroles dans le Livre de l’Exode (EX 20) : « Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude, tu n’auras pas d’autres dieux que moi… » D’abord l’expérience du salut, elle est première.

Le troisième point, très brièvement. Je cite encore Paul : C’est l’appel « à posséder, par notre Évangile, la gloire de notre Seigneur Jésus Christ ».

La gloire appartient en propre au Christ ressuscité, mais il appelle tous les croyants à la partager déjà avec lui, en participant à la même vie, animée par l’Esprit Saint.

Il vous appelle donc, vous aussi, à partager cette gloire, à vivre de ce même Esprit.

C’est aussi ma prière ce soir pour vous tous et toutes. Que vous soyez de joyeux disciples missionnaires, animés par ce feu de l’Esprit là où vous habitez et que votre foi au Christ soit renforcée par ce Pardon que nous avons vécu ensemble. Amen.

 

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