Horaires de messe : Pays de Guingamp – Argoat

Eglise Notre Dame de Bulat

Eglise Notre Dame de Bulat Pestivien : des dévotions enracinées.

La légende raconte qu’à la fin du XIIème siècle, le seigneur de Pestivien (n’ayant pas de descendant) promit de faire construire une chapelle (à l’emplacement de l’église actuelle dédiée à la Vierge Marie en cas de naissance dans son foyer. Son vœu ayant été exaucé, sa promesse fut donc tenue et par la suite le pèlerinage devint, du XIV e au XVIIe siècle, le deuxième de Bretagne en termes d’affluence. On dit d’ailleurs que saint Yves s’y rendit à plusieurs reprises.

Notre-Dame de Bulat, toponyme dans lequel certains reconnaissent la syncope de buguelat, qui veut dire don d’enfant » (S. Ropartz 1851) ou du verbe breton bugelat, « enfanter », devient ainsi la Vierge protectrice de la Maternité, et on compte parait-il 38 représentations d’enfants dans son église. C’est un important lieu de pèlerinage marial depuis le Moyen-Âge, et son pardon les 14, 15 et 16 septembre de chaque année voyait affluer les pèlerins, mais aussi des dons si généreux que, en 1747, la fabrique fait réaliser une statue de dévotion et de procession en argent par le plus réputé des douze meilleurs orfèvres de Rennes Jean-Baptiste l. Buchet. Cette Vierge à l’enfant de 55 cm de haut est une pièce d’orfèvrerie exceptionnelle, tant par sa dimension, que par la finesse des traits altiers de cette figure de maternité, peut-être copiée de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Rennes (Bonne-Nouvelle étant à entendre comme annonce d’un enfant). Cette statue est toujours vénérée lors du pardon qui réunit, le dimanche qui suit la fête de la Nativité le 8 septembre, plus de 2000 pèlerins. Le soir, c’est le tantad, le grand feu de joie, c’est la bombarde et le biniou, et le lundi suivant, c’est la grande foire aux chevaux de trait instituée depuis 1747 et son concours de poulains qui attire… 8000 visiteurs.

On trouve, dans l’enclos paroissial, une Fontaine des nourrices ou Fontaine au lait que vénèrent, lors du pardon, les futures mères et les mères allaitantes pour obtenir du lait si bon et si nourrissant qu’il fasse rougir de confusion les donneuses de biberon. La petite statue de Vierge qu’on y trouve, en contrebas du cimetière, est peut-être une vierge donnant le sein.

L’église (XVe-XVIe) est l’un des monuments les plus originaux que compte la Renaissance bretonne. Elle arbore quantité de sculptures extravagantes sur sa façade sud : coquilles Saint Jacques, lions, renards, éléphants… A l’intérieur, une loggia faisant saillie sur le mur de la sacristie était autrefois réservée aux seigneurs. 

LE PORCHE DES APOTRES

Le Porche des Apôtres, également en avant-corps, est aussi richement orné. La porte extérieure est divisée en deux baies par une magnifique torsade ornementée de feuillages et surmontée d’une rosace flamboyante de transition. La Révolution a laissé presque intactes les statues des douze apôtres, grandeur naturelle, en granit. Ils sont reconnaissables à leurs « attributs » : Pierre porte la clef ; Paul, l’épée qui l’a décapité ; le grand saint Jacques (Majeur) la coquille et le bâton de pèlerin ; Jean, le calice, la coupe empoisonnée ; André, la croix en X, Thomas, l’équerre d’architecte, etc. A la croisée d’ogive, deux lions tiennent l’écusson des Rohan.

 

Ex-voto :

Ici deux maquettes de navire placées dans l’église en accomplissement d’un vœu ou en remerciement d’une grâce obtenue ; montre aussi la confiance des marins envers la protection tutélaire de Notre-Dame des Fontaines.

LE MAITRE-AUTEL.

Le Maitre-Autel est assez récent : 1867, mais dans le style de l’édifice. Il est en granit gris du pays. Encadré de statues et de bas-reliefs reproduisant des scènes de la vie de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge, il forme un ensemble remarquable. Le sanctuaire est entouré d’une balustrade en granit présentant en relief des tableaux de la Passion. Le chevet droit (percé en 1759) conserve un réseau flamboyant rempli d’écussons et d’angelots. La maitresse-vitre, exécutée en 1852, représente l’Annonciation.

LE GROS PILIER.

Le Gros Piller creux (du côté gauche), à l’intérieur duquel serpente un escalier de granit, donnait autrefois accès à un jubé, qui a disparu. En face, on remarque un pilier a « penché » (peut-être à cause de la poussée de l’arc transversal), avec une entaille sur laquelle reposait peut-être la « poutre de gloire » du jubé.

LA TABLE D’OFFRANDE.

La Table d’Offrande (classée), entre deux piliers en face de la porte d’entrée, est une vaste table de pierre de 5 mètres de longueur. La partie antérieure est décorée de frises. Sur la partie postérieure on lit le millésime de la pose : 1583. On y apportait autrefois les dons en nature. Au pardon de Bulat (en septembre), on continue à y déposer ses offrandes au pied de la Vierge d’argent.

LA LOGGIA.

La loggia, ou tribune on pierre faisant saillie sur le mur de la sacristie, porte dans les archives le nom de la « chambre des reclus« . La tradition voudrait que deux maçons, après avoir aidé à la construction de la sacristie, aient obtenu de terminer leur vie près du sanctuaire, ils se firent une chambre au-dessus de la sacristie proprement dite : deux fenêtres donnaient sur l’extérieur ; de l’autre côté la loggia leur permettait d’assister aux offices sans sortir de chez eux.

Pour achever la visite de l’église, on se rendra devant I’autel du Sacré-Cœur avec son rétable (classé) dû à Yves Corlay, père (1703). On remarquera aussi quelques statues anciennes (Sainte Marguerite piétinant le dragon) ou modernes (statue polychrome de Charles de Blois), ainsi que le pittoresque « gwenedour » (jeune paysan vanetais), lutrin dû au sculpteur rostrenois Chamaillard. Enfin on peut encore monter à la tour d’où, par temps clair, on découvre un vaste panorama (139 marches) !

FONTAINE DE LA VIERGE.

Dans l’enclos de l’église Notre Dame de Bulat, la fontaine de la Vierge, est un édifice qui en impose. Douze marches permettent l’accès à la fontaine à dévotion qui était fréquentée par les femmes allaitantes Elles priaient en ce lieu, buvant l’eau de la fontaine en demandant à la Vierge abondance de lait et aussi bonne santé. Enfin un mur d’enceinte sécurise la fontaine donnant au monument un caractère monumental.

FONTAINE DES SEPT SAINTS BULAT-PESTIVIEN.

Les niches de la fontaine des sept saints sont désormais vides. A l’origine elles abritaient les statues des 7 saints fondateurs de Bretagne soit :

  1. Saint-Malo
    2. Saint-Samson pour Dol de Bretagne
    3. Saint-Brieuc
    4. Saint-Tugdual pour Tréguier
    5. Saint-Aurélien pour Saint-Pol-de-Léon
    6. Saint-Corentin de Quimper
    7. Saint-Patern de Vannes

La construction de la fontaine des sept saints date de la fin du XVIIe siècle, elle marquait un lieu de pèlerinage qui s’intégrait vraisemblablement dans le Tro Breiz.

TEXTE BIBLIQUE.

Luc 1, 26-38 : Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi ». A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. ll sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin« . Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ?« . L’ange lui répondit : L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. > Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. Alors l’ange la quitta« . 

Mystère joyeux : l’Annonciation de l’Ange Gabriel à Marie

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