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Eglise Notre Dame des Fontaines

A l'origine...

Pontrieux comptait deux églises. Le 20 juillet 1741, une visite épiscopale précise leur rôle : l’église Saint- Yves (Emplacement de l’actuelle place de la mairie) accueillera les enterrements, tandis que l’église Notre- Dame-des-Fontaines (la plus ancienne – 1634 – située alors dans la côte des fontaines) accueillera les baptêmes. Mais le temps passe, et à la Révolution l’église St-Yves est détruite et Notre-Dame des Fontaines est en très mauvais état ; alors au XIXe siècle, Pontrieux va connaître une histoire qui va défrayer la chronique.

L’histoire des deux églises

En effet, une rivalité existait entre le clergé et le conseil municipal ; les uns voulaient que l’on réhabilite l’église Notre Dame des Fontaines délabrée, les autres voulant une nouvelle église près du presbytère, au lieu-dit Caraco. Les élus lancèrent le projet de Caraco et la ville se déchira en deux camps. Un conflit tranché par une ordonnance royale du 3 avril 1839 qui prescrit de désaffecter l’église de Caraco et d’en construire une nouvelle ; l’évêque se soumet aux lois et ne bénit pas l’église de Caraco. (Elle servit alors de lieu de stockage de grains, et fût détruite en 1974).

Des lignes pures et sévères

L’actuelle église Notre-Dame-des-Fontaines est donc construite de 1840 à 1842, sous le régime de la Restauration et le pontificat de Grégoire XVI. Elle est bâtie en granite sur des plans de Bertrand Le Pescheur ; De style néoclassique ou empire en réaction au baroque et qui prône le retour aux idéaux de l’Antiquité Grecque plutôt que Romaine : lignes pures et sévères, équilibre des volumes, sobriété dans la couleur et la décoration. Ce qui lui confère une spécificité la distinguant de l’église et du clocher Breton classique.

DES ELEMENTS REMARQUABLES

L’extérieur présente en façade Est (entrée principale) une élévation à trois travées : deux latérales ouvertes à une baie vitrée en plein cintre à claveaux rayonnants ; une centrale encadrée par deux pilastres et surmontée d’un fronton triangulaire. La porte est encadrée de deux statues : Saint-Yves (l’ancienne église lui était dédiée) et une vierge à l’enfant symbolisant Notre-Dame-des-Fontaines (à l’intérieur, deux vitraux les représentent aussi). Le tout est surmonté d’un clocher carré.

La statue de Notre-Dame-des-Fontaines (18e siècle) :

la Vierge drapée aux couleurs de la foi (bleu et blanc) et de la lumière porte l’enfant Jésus. Elle représente Marie couronnée en majesté Mère du Christ Roi. Cette statue est portée dans les rues de la ville lors de la procession du pardon de Notre-Dame-des-Fontaines le 3e samedi de juillet, lors de la procession nocturne.

La Piéta (18e) : œuvre en bois polychrome. L’expression théâtrale du sentiment religieux s’affirme ici avec plénitude dans une compo-sition harmonieuse et fortement symbolique, où le jeu des lignes de force conduit le regard vers Dieu.

La statue de Saint-Yves : provient de l’ancienne église portant le nom du Saint-patron du Trégor. Lors de la Révolution, elle échappe au feu de la terreur révolutionnaire en tombant d’une charrette. Elle est alors ramassée et cachée dans une famille pontrivienne pendant deux siècles.

Le repentir de Saint-Pierre :

œuvre de Félix Guérin de 1856. Offert à l’église de Pontrieux par l’empereur Napoléon III. Ce tableau a été classé Monument Historique en 1996.

 

Ex-voto :

Ici deux maquettes de navire placées dans l’église en accomplissement d’un vœu ou en remerciement d’une grâce obtenue ; montre aussi la confiance des marins envers la protection tutélaire de Notre-Dame des Fontaines.

Le vitrail hexagramme :

La représentation de l’étoile à six pointes est considérée comme le sceau du Roi Salomon ou de David. Il est le symbole de l’interprétation des mondes visibles et invisibles. En son centre, une porte qui symbolise celle du ciel ; à la périphérie, des pétales de fleurs et des étoiles à cinq branches symbolisent la victoire de la lumière sur les ténèbres. Au centre un monogramme MR pour Maria Régina A droite un puits, source de vie ; à gauche, un palmier symbolise l’arbre de vie et de l’immortalité.

Orgues :
Œuvre de Clauss de Rennes dans un buffet de Hérault ; elles furent inaugurées le 28 février 1878.

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